BREST — C’est une révolution écologique dont personne n’avait osé rêver. Depuis ce mardi matin,
les 4,2 millions d’habitants de la région Bretagne se chauffent exclusivement grâce à la chaleur
résiduelle dégagée par les centres de données de Google, situés à plus de 800 kilomètres de là.

« On a tiré un très long tuyau », a sobrement expliqué Jean-Michel Datacenter, directeur technique
du projet, lors d’une conférence de presse organisée dans un datacenter dont la température
intérieure avoisinait les 47 degrés.

L’initiative, baptisée « Chaleur Partagée pour un Numérique Responsable » (CPNR), a nécessité
14 ans de travaux, 847 kilomètres de canalisations souterraines, et l’accord tacite de 23 maires
qui « n’avaient pas vraiment lu le document mais ont signé quand même ».

Les premiers retours des habitants sont mitigés. « C’est chaud, c’est vrai, mais ça sent un peu
le câble brûlé », témoigne Mamie Yvette, 84 ans, depuis son salon de Quimper désormais maintenu
à 31 degrés en permanence. « Et depuis que j’ai ce chauffage, mes recherches Google prennent
trois secondes de plus. Je fais le lien. »

Google, de son côté, se félicite de cette « avancée majeure pour la transition énergétique »,
tout en précisant que le projet ne remet absolument pas en cause ses plans d’expansion avec
47 nouveaux datacenters prévus d’ici 2026, dont trois aux portes de Paris.

L’Union Européenne a salué l’initiative et envisage désormais de chauffer la Pologne avec les
serveurs de Meta, et le Portugal avec ceux d’Amazon. « On a les tuyaux », a-t-on indiqué à Bruxelles.

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